“La star californienne de Leuven”

L’Américain Pat Harris a enfin pu prester pour Leuven. Il a connu son baptême le 22 novembre 2020 contre l’Héraklès alors qu’il est en Belgique depuis cet été. C’est un problème administratif qui a tenu le milieu de 35 ans écarté des terrains pendant de longues semaines. Rencontre avec le troisième hockeyeur US à avoir joué en DH belge.

Jeux Olympiques d’Atlanta 1996. Pat Harris a 11 ans. Le jeune homme est fasciné par les hockeyeurs américains et par l’atmosphère autour de la compétition. Il a même l’occasion de parler à certains d’entre eux. « Ça a suscité mon ambition d’avoir un jour la chance de faire peut-être partie de l’équipe des États-Unis », livrait le milieu de terrain dans une récente interview pour Team USA. En 2000, le Californien célébrait sa première convocation avec la US Men National Team. Une sélection précoce qui récompensait alors un hockeyeur passionné par l’entraînement et surtout par la répétition des gestes techniques de ses modèles. Avec environ 150 caps aujourd’hui, Pat Harris est l’un des plus grands joueurs de son pays. Voire le plus grand. Et quand la confidentialité d’un sport ne permet pas à un athlète d’exprimer tout son talent, il peut s’exporter.

Légende à Mannheim

Pat Harris voyage et en profite d’abord pour tenter le coup une demi-saison en Allemagne, à Harvestehuder, en 2002. Ses pérégrinations l’emmènent également en Angleterre et en Nouvelle-Zélande. Puis c’est en 2009 qu’il débarque en Hoofdklasse hollandaise. « J’étais ambitieux », confie Pat Harris, au bout du fil. « Je voulais savoir si mes capacités étaient assez bonnes pour me mesurer au hockey européen. J’avais un contact aux Pays-Bas et je suis arrivé à Laren. On ne m’a pas vraiment fait confiance au départ et ça m’a blessé. L’écart de niveau n’était pas trop élevé. C’était juste mental. Je ne parvenais pas à montrer mes compétences. Je devais aussi gagner en connaissances tactiques et physiquement. J’ai même pensé à arrêter mon aventure. Mais après en avoir discuté avec mes amis, j’ai persévéré. Si tu affrontes ces choses tout seul, c’est plus difficile à gérer. »

Bien lui en a pris. Après trois saisons chez les Bataves, c’est à Mannheim qu’il pose ses valises. Cette entité phare du championnat allemand va rapidement devenir la nouvelle maison de Pat Harris. Il s’y établira huit ans, glanant notamment les premiers lauriers nationaux de l’histoire du club en 2017. « Tu n’es pas uniquement l’un des éléments les plus talentueux de ta génération. Tu es aussi l’un de nos hockeyeurs qui a connu le plus de succès ici », écrivait le MHC dans son hommage à l’Américain, en partance pour Leuven. « Je suis très reconnaissant pour tout ce que Mannheim m’a apporté, en tant que joueur et humainement. Il m’a aidé à me développer dans mon sport mais aussi à préparer mon avenir après ma carrière. J’ai un Master en « sport management » et je compte bien rester dans le hockey quand j’aurai rangé mon stick. »

Dans son texte d’au revoir à l’international américain, Mannheim louait son aptitude à transmettre son expérience et à travailler avec les jeunes. Il a également joué un rôle important pour épauler les plus forts dans leur passage vers l’équipe fanion. À 35 ans, c’est aussi sa mission actuelle à Leuven où il s’occupe des U14 Girls 1 et des U19 Boys 1, en plus d’être au cœur du jeu en Première. « Je veux vraiment les pousser à apprendre et à devenir meilleurs », poursuit-il. « Concernant notre noyau, je trouve qu’il a beaucoup de potentiel et peut donc bien progresser. Pour ça, nous devons encore plus connectés entre coéquipiers. Il faut que chacun investisse encore plus dans son camarade. »

Interminable attente

Pat Harris a fêté ses débuts pour les Universitaires le 22 novembre contre l’Héraklès (1-1). Il était pourtant déjà établi avec sa compagne en Belgique cet été et était donc disponible pour l’entame de la compétition. « Mais la Fédération ne m’a pas laissé jouer à cause d’un souci de VISA qui était bel et bien en ordre. Ça ne m’était jamais arrivé. J’étais vraiment assez frustré. »

Depuis Leuven est en excellente position pour une qualification pour le Top 8 grâce à sa victoire contre le Beerschot puis son partage au Daring. Avant ça, le Californien a eu le temps d’observer sa troupe et l’adversaire pour dresser ses premières impressions sur notre DH. « Le joueur moyen de ce championnat a peut-être quelques lacunes tactiques. En Allemagne, c’est très différent et tout est plus structuré. Mais de ce que j’ai vu ici, il y a plus de technique. »

Après Jon Ginolfi (Beerschot) et Tom Barratt (White Star), Pat Harris est le troisième Américain à fouler nos terrains de DH. Will Holt (Pingouin et Orée) et Kevin Barber (Orée) n’ont goûté qu’à la D.1.

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