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Au Beerschot: Un timing idéal pour un deal hors norme

Il suffisait d’y penser. Le Beerschot l’a fait. La cellule de recrutement des Ours a été la seule à joindre Moritz Fürste, l’homme aux 293 sélections en Allemagne. Le timing était idéal. Le deal a été signé en un temps record.

À presque 36 ans, le meilleur joueur FIH en 2012 a tout remporté ou presque : double champion olympique (2008 et 2012), double champion d’Europe (2011 et 2013) et vicechampion du monde (2010), il a incarné à lui seul toute la réussite allemande durant plus d’une décennie. Fidèle à ses couleurs d’Uhlenhorster, il a aussi porté durant une saison le maillot du Club de Campo Madrid sans omettre ses deux apparitions en India League avec Ranchi Rhinos et Kalinga Lancers.
Derrière l’exceptionnel joueur se cache un homme de conviction qui lutte pour valoriser les sports olympiques qui peinent à se faire une place à côté du football. Loin des terrains, il garde un grand charisme grâce à ses dons pour l’éloquence. D’ailleurs, ses conférences sont prisées. Tout naturellement, cet homme aux multiples facettes, qui a suivi une formation en publicité à Hambourg, s’est dirigé vers le monde du marketing et de la communication. Il a proposé ses services à une agence hambourgeoise (Thijnk) avant de cofonder une agence de marketing sportif, Upsolut Sports.

Une expérience qui vaut de l’or

La pandémie qui a frappé nos sociétés a bousculé ses standards. Le monde de l’event a été contraint de passer sur un mode pause. Moritz Fürste avait dès lors les mains libres pour relever de nouveaux défis. C’est dans ce contexte que le Beerschot, via Antoine Ide, l’a appelé… à tout hasard. “Le Bee m’a appelé au bon moment, nous confiait Moritz Fürste. Deux semaines plus tôt, j’aurais rejeté l’offre au bout de deux minutes. Mais, à ce moment, le projet global me parlait.”
L’instinct de la légende a parlé. Quelques échanges plus tard, il posait devant le photographe de Kontich avec son nouveau maillot mauve. À 35 ans, il possède une expérience qui vaut de l’or. Physiquement aussi, il tient encore la route. “Étonnamment, je me sens super bien”, poursuivait-il. De fait, lors de son premier match, il n’est pas descendu. S’il gérait ses déplacements, il n’a pas ménagé ses efforts pour tout organiser à l’arrière. “À l’international et dans le championnat allemand, les matchs durent 60 minutes.
Je dois encore m’habituer aux 70 minutes de jeu en Belgique.”

“Pas satisfait de mon premier match avec le Beerschot”

Le nouveau comparse d’Arthur De Sloover dans la défense anversoise doit encore peaufiner ses connaissances des clubs de Division d’Honneur. Avant de franchir la frontière, il avait une idée assez précise des clubs belges habitués à l’EHL comme le Watducks, Louvain et le Dragons. “Je les ai tous affrontés avec Uhlenhorster.” Pour le reste, il découvrira chaque semaine de nouveaux visages. “Le championnat belge possède un bon niveau. La plupart des clubs de DH sont capables de battre les meilleures équipes européennes n’importe quel jour. Les talents individuels ne manquent pas. Je suis aussi impressionné par la qualité défensive des noyaux.”
En sortant du terrain du Racing dimanche dernier, Moritz Fürste a longuement discuté avec son entraîneur, John Golberg. Lors des breaks, il haranguait ses joueurs. L’Allemand se sentait déjà chez lui alors qu’il n’a posé son sac de sport en Belgique que jeudi dernier. Malgré deux assists sur les deux seuls buts du Bee, de nombreux flicks et une belle collaboration avec Arthur De Sloover, l’ancien international n’était pas satisfait. “Personnellement, ma performance ne m’a pas satisfait, confirmait-il. Je dois faire preuve de patience. Je suis embêté car tout ne marchait pas. Je dois apprendre à connaître mieux l’équipe. Je suppose que c’est normal.” Il est tombé sous le charme du fighting spirit de ses coéquipiers et des prestations des frères Verhoeven, Harry et Stanley. “Nous avons une belle marge de progression.” Le chapitre du Beerschot a commencé de la plus belle des manières vu le premier succès de la saison des Ours après quatre journées de championnat. Le livre du nouveau libero de Kontich est déjà riche de grandes histoires. “Je ne pense pas être une légende. La vie, c’est une question de souvenirs. Le hockey aussi. Je me suis créé de nombreux moments que je n’oublierai jamais.”

“Il y a dix ans, la Belgique n’était pas une menace”

Parmi ces moments, il ne peut oublier ce qui est devenu un Clasico du hockey des années 2010, un Allemagne – Belgique. Moritz Fürste a vu de près l’éclosion des Red Lions.
“Aujourd’hui, la Belgique appartient au groupe des quatre pays capables de remporter tous les grands tournois. Leur développement a été exceptionnel car il y a dix ans les Red Lions n’étaient pas vraiment une menace. À titre personnel, je n’ai perdu qu’un seul match important contre les Belges : l’Euro de Manchester en 2007. Ce revers avait permis à notre équipe de nous remettre en question et de repartir vers l’avant. D’ailleurs, dans la foulée, nous devenions champions olympiques.”
À l’heure actuelle, il n’a aucun mal à reconnaître que les Reds Lions ont pris l’ascendant sur l’équipe allemande.
“Ils sont un peu en avance mais tout peut changer si vite”, narre Fürste, qui souhaite que la génération des Fuchs et autres Hauke ou Stadler crée sa propre histoire. “Je suis persuadé que cette équipe peut prendre une médaille aux Jeux de Tokyo.” Consultant et expert reconnu sur les plateaux de télévision en Allemagne, Moritz Fürste a parcouru du chemin depuis qu’il tapait la balle dans son quartier à Hambourg. Enfant, il a rejoint le club le plus proche, Uhlenhorster HC, qui accueille 2 000 membres répartis sur le hockey et le tennis. Il a rendu à son club d’enfance de fiers services qui ont pris la forme de trois titres EHL. “C’est une partie très importante de ma vie.”

Tennisman professionnel

Enfant de la balle, il n’a pas directement été baigné dans le hockey. Il a d’abord été un joueur de tennis professionnel avec comme entraîneur le père d’Alexander Zverev, qui est le 7e joueur mondial à l’ATP. “J’ai même joué en double avec son frère Mischa.” Le hockey s’est invité dans sa vie en 2002
lorsqu’il a joué en Australie. “À mon retour, j’ai intégré l’équipe première d’UHC. Avant, je m’en fichais un peu”, raconte celui qui n’était pas formaté par sa famille à devenir un joueur de hockey.
Près de vingt ans plus tard, le hockey rythme toujours ses journées. Malgré le poids des ans, il a débuté un nouveau cycle au Beerschot avec une envie de jeune joueur. “J’adore le jeu. J’en connais un rayon. Tant que le corps tient le coup, je continue à jouer. Je veux transmettre mon expérience pour aider le collectif.”

 

Thibaut Vinel – La Libre Belgique

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