« Je me sens à moitié champion d’Europe »

Guillaume Van Marcke vit sa cinquième saison aux Waterloo Ducks. Et le milieu de 20 ans rayonne sous Jean Willems. Pourtant tout n’était pas gagné d’avance. En deux ans, le joueur formé au Lara Wavre s’est fait deux fois les ligaments croisés du genou gauche. Interview d’un guerrier au mental d’acier.

Guillaume, comment vas-tu ?

Je vais bien, merci. Mais je ne suis pas encore à mon meilleur niveau. Il y a eu beaucoup de changements ces derniers temps et je dois encore terminer mon adaptation. Je joue désormais au milieu alors que normalement, je suis un back d’aile. Il faut apprivoiser le système de jeu amené par le nouveau coach. Et je dois encore récupérer toutes mes sensations après mes blessures au genou.

L’entente se passe bien avec Jean Willems ?

Tout à fait. Il est dur mais a une confiance incroyable en tous ses joueurs. Tactiquement, c’est aussi très différent des années précédentes. Il a un plan A mais aussi un plan B qui est modifiable en fonction des scénarios de matches ou de l’adversaire. Rien n’est laissé au hasard.

Ça ne te dérange pas d’évoluer au milieu ?

Pas du tout. J’adore courir partout. Et dans ce rôle, je peux le faire. Par contre, forcément, ça change de la ligne arrière. Comme milieu, je suis souvent dos au jeu, contrairement à avant où tout se passe devant toi. Le prescanning, les prises de balle : tout est différent.

Plus haut, tu évoques deux blessures au genou. Ce n’était pas de simples petits bobos.

Non, effectivement. Février 2018, je me réceptionne mal après un saut lors d’un amical à La Gantoise. Verdict : rupture des ligaments croisés du genou gauche. Je reviens bien. Mais en avril 2019 lors d’un entraînement, mon pied reste accroché dans le synthétique. Exactement la même blessure même si la sensation de douleur était moins importante.

C’était juste avant le parcours historique du Wat’ en Euro Hockey League…

Le vendredi précédant notre entrée en lice contre Surbiton, en huitième de finale. Après avoir reçu le diagnostic, je me suis isolé. J’ai appelé des proches. Il fallait que j’accepte. Puis Xavier De Greve, notre ancien entraîneur, m’a demandé si je voulais rentrer ou rester avec le groupe. Je suis resté. Je voulais participer et me rendre utile sans nuire à l’ambiance générale. J’étais par exemple avec le T.2 Arnaud Massaert en tribunes et nous communiquions avec « Coche »  lors des rencontres. À chaque fin de partie, j’étais avec mes équipiers pour vivre les shoots out. Je voulais sentir la pression et l’adrénaline.

Te sens-tu champion d’Europe aujourd’hui ?

À moitié. Tout le monde te répète que tu fais partie de l’effectif, que tu as amené ta pierre à l’édifice. C’est émouvant mais ça reste une autre perception que si j’avais été un acteur à part entière. Quand on a gagné, j’ai ressenti un sentiment incroyable. Mais aussi amer. J’aurais pu être sur le terrain. Mais d’un autre côté, ma blessure a peut-être créé quelque chose de fort dans le noyau. Sans ça, on n’aurait peut-être pas été sacrés.

As-tu pensé à arrêter ? Des sportifs de haut niveau ne retrouvent jamais toutes leurs capacités après de tels soucis.

Jamais. Je me suis demandé « pourquoi moi ? », « pourquoi deux fois ? ». Heureusement, un de mes points forts comme joueur, c’est ma détermination. Après l’EHL, j’ai regardé quels footballeurs avaient déjà eu deux fois cette blessure. C’était le cas de Ronaldo, le Brésilien. Ensuite il a été champion du monde. Je me suis dit « si lui peut revenir, moi aussi ». Et j’ai tout changé pour ma seconde rééducation. De chirurgien, de préparateur physique, j’ai pris l’ancien kiné de Justine Henin et je me suis fait aider par une coach mentale. Ça m’a fait un bien fou.

Quels sont désormais tes objectifs personnels ?

Retrouver mon vrai niveau. Ensuite j’ai encore une belle marge de progression.

 

Valentin Thiery

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