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«Les irlandais sont très fidèles»

Conor Harte joue sa septième saison de rang en Division d’Honneur pour le Racing. Le défenseur central continue de s’épanouir pleinement à Bruxelles avec sa femme et sa petite fille, née il y a un an. Amitiés, titre, famille, Jeux Olympiques : le très sympathique Irlandais de 32 ans se livre.

 

Conor Harte se démarque de tous les hockeyeurs non-belges de notre championnat de Division d’Honneur. Voilà sept saisons qu’il n’a pas quitté le Racing, club avec lequel il n’a jamais connu la D.1. Actuellement, il est le seul dans ce cas. Manu Brunet, Taine Paton, Facundo Callioni ou Ricardo Santana sont là depuis plus longtemps mais ont changé de couleurs ou ont subi une relégation. « Les Irlandais sont très fidèles », explique Conor Harte, dans un français impeccable. « Je ne me sens plus comme un étranger. »

 

La famille

Été 2014. Contacté par Jérôme Truyens, Conor Harte débarque Avenue des Chênes dans l’optique d’être champion. Ce que les Rats ne seront pas. Mais son aventure belge commence après avoir goûté à la Hoofdklasse avec SCHC. « Ma femme a trouvé un boulot quatre mois après notre arrivée. Le job de rêve. Et je me suis rapidement très bien senti au Racing, mais aussi à Bruxelles. C’est ce qui m’a motivé à rester. Nous devions faire seulement un an, à la base. Finalement aujourd’hui le club, c’est la famille. »

Et les copains. Jérôme Truyens et Jérémy Gucassoff sont les plus anciens du noyau ucclois. Ils sont les seuls à avoir accompagné Conor Harte depuis ses débuts, Andrin Rickli ayant fait un crochet par la Hollande. « Quand ma petite fille est venue au monde en novembre 2019, Tchouk et Mimi étaient parmi les premiers à nous rendre visite à l’hôpital avec du champagne. Je suis vraiment très proche d’eux », ajoute l’international aux 252 sélections. « Mon pays me manque également. Mon frère est gardien à Kampong (Utrecht). Mes deux sœurs sont en Angleterre et en Irlande tandis que mes parents habitent Cork. Nous rentrons maximum deux fois par an. Pour moi ce n’est pas assez mais c’est la vie. »

 

Contraste

Novembre 2020. Marlena vient de fêter son année d’existence. Conor Harte se rappelle de la naissance de sa fille comme si c’était hier, forcément. Mais pas uniquement pour l’heureux événement. Quelques jours plus tôt, sa nation et lui vivaient l’une des plus énormes désillusions de leur histoire au Canada. Dans la manche retour de qualification, l’Irlande laisse échapper son ticket pour Tokyo 2020 à cause d’un stroke ultra discutable accordé par la vidéo à deux secondes du terme alors que la Green Machine fêtait déjà son triomphe. « J’ai perdu beaucoup de respect pour la FIH après ce week-end. La façon dont nous avons été traités a été terrible. Le pire cauchemar qu’on puisse imaginer. Je me suis promis que ce ne serait pas mon ultime apparition pour mon pays », confie Conor Harte, présent à Rio 2016. « C’était un gros risque d’aller si loin quelques semaines avant l’accouchement de ma femme. Mais il fallait le prendre. A mon retour, sa naissance a tout remis en perspective. J’ai eu de la chance d’avoir une telle réjouissance pour penser à autre chose. Ensuite je me souviens avoir dormi quatre heures à l’hôpital et être arrivé 21 minutes avant le début du derby contre le Léo. »

 

Changer la mentalité

Le Racing a sept rencontres pour se remettre sur le droit chemin et finir le premier tour dans le Top 8. Avec un effectif si fourni et un coach expérimenté, tout autre résultat serait une grosse déception. « Nous avons donné trop de points aux adversaires », regrette Conor Harte. « Nous avons souvent plus de possession mais nos deux ou trois erreurs par match coûtent cher. On joue bien et le groupe se connaît bien malgré les transferts. Mais nous sommes aussi malchanceux. »

Le titre de champion de Belgique, ce n’est sans doute pas pour cette année. En 2021, cela fera 80 ans que les Rats lorgnent les lauriers nationaux… « Ce qui nous manque ? Le mental. Ces dernières saisons, nous avions toujours plein de qualité amenée par de grands hockeyeurs. Mais on entendait tout le temps « C’est le Racing, ils vont perdre, comme d’habitude ». Ce discours doit changer et Craig Fulton, notre nouvel entraîneur, est en train de s’occuper de ça, petit à petit. »

 

2021 de rêve ?

Conor Harte restera « normalement » encore au Racing pour 2021/2022. À moins que la fin de cet exercice ne se transforme en rêve éveillé. « Je fais un post-doctorat à l’Université de Cork, mais à distance. Mon sujet porte sur la Wallonie. Dans six mois, il doit être bouclé. Si je termine mon travail et qu’on gagne le titre, j’arrête », conclut le grand sleepeur en rigolant.

 

Valentin Thiery

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