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Weicker, le rescapé

Bastien Weicker est le capitaine de Namur depuis cette saison. À 26 ans, le milieu de terrain a résisté aux 42 défaites de rang en Division d’Honneur, aux multiples punitions dominicales, au départ des copains et à un emploi du temps très chargé.  

Les quatre points pris par Namur fin novembre n’ont sans doute pas été fêtés comme ils auraient dû. Foutue situation sanitaire. Pourtant les Escargots le méritaient plus que quiconque. Après 42 revers d’affilée étalés entre les exercices 2013/2014, 2019/2020 et l’actuel, ils ont enfin débloqué leur compteur. « Le travail et les sacrifices ont payé », livre Bastien Weicker, le capitaine namurois. « Suite au succès contre Liège, j’ai remarqué que nous avons abordé nos matchs suivants différemment. Nous avions gagné en confiance. Nous nous sommes présentés face au Daring et à l’Antwerp en croyant à la victoire. Pas juste pour faire de la figuration. Quel plaisir de voir les jeunes de 18 ans aller vers l’avant sans crainte. Même avec dix ans de vécu en Première, j’en apprends encore sur la force du mental. Nous sommes moins forts en hockey. Mais avec le cœur, on compense énormément. »

Bastien Weicker a savouré bien davantage que ses coéquipiers. Il est le plus ancien n’ayant connu que Namur dans sa carrière. En plus de la série de défaites et des années de D.1, il a subi le départ de ses potes de l’équipe. Son jumeau David, François Valentin, Harold D’Hayer, Paul Navez, Alexandre Willemart et la légende Gilles Jacob ont tous rangé leur stick même si les quatre derniers cités ont dépanné pour cette fin de premier tour. « Ça a été difficile de les voir nous quitter. Ils le savent. Ils faisaient tous partie de la bonne dynamique namuroise », confie le médian de 26 ans. « Nous avions tissé un solide lien d’amitié après tant de temps partagé ensemble. Et sur le terrain, nous avons vite ressenti leur absence. Je poursuis car j’ai un devoir envers Hockey Namur. Je ne peux pas arrêter du jour au lendemain sans avoir assuré une certaine continuité. Gilles Jacob a stoppé après avoir bien préparé la relève. Je savais qu’on n’allait pas avoir le niveau en DH. Mais je veux me battre et j’adore les challenges. Puis même si on perd souvent sur de gros scores, je prends du plaisir. »

Trois vice-capitaines

Ses 22 ans de fidélité à HN lui ont offert une forme de récompense cette saison. Bastien Weicker a été élu capitaine par tout le groupe dirigé par Joy Jouret. Il succède à Paul Navez. « Serrer la pince de Denayer et Boccard lors du toss, c’est marrant », rigole-t-il. « Le titre n’a pas beaucoup d’importance à mes yeux. Mais c’est chouette d’avoir été reconnu par mes camarades. Mener Namur vers quelque chose de grand est une responsabilité que j’aime. Ceci dit, ce nouveau rôle est spécial pour moi. Lors de notre baptême en DH, j’étais un des plus jeunes. On n’attendait rien de moi. Je devais juste prester, progresser et m’intégrer. Désormais c’est tout l’inverse. Il faut assumer le leadership.

Bastien est accompagné dans sa tâche par trois vice-capitaines. Ils doivent aussi faire la connexion entre les joueurs et la coach. Il s’agit de Nicolas De Moor, Barthélémy Destrée et Leventh Oguz. Leventh Oguz, c’est l’autre toubib de l’effectif noir et rouge, avec Bastien Weicker. « Je suis à la 3e année de mes six de spécialisation en médecine interne. Je suis parfois en retard aux entraînements mais à Namur c’est comme ça. On ne se bat pas avec les mêmes armes. C’est compliqué de gérer tout avec la vie de couple. Mais j’ai signé pour un nouveau championnat. Je dois honorer l’engagement. Je prolongerai l’aventure tant que, avant chaque préparation estivale, je répondrai « oui »  aux questions « suis-je encore capable de jouer » et «  suis-je prêt à me tenir au contrat ? »

Pas le contrat amenant un salaire. Car les Escargots ne sont pas rémunérés. Plutôt celui exigeant la présence aux entraînements et donc, l’absence de vacances. « Mais surtout celui imposant d’être respectueux envers mes coéquipiers, le staff et le club. »

Valentin Thiery

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